L’Épopée du canal de Suez à l'I.M.A.

Le XIXe est un siècle où tout bouge, siècle de Victor Hugo, Flaubert, Maupassant, Zola, siècle qui vit naître, en peinture, la révolution de l'Impressionnisme et qui permit l'éclosion des grandes industries à commencer par l 'électricité, le chemin de fer, la voiture automobile, siècle des grandes fortunes et des grands entrepreneurs comme le baron Haussmann ou les frères Péreire... et parmi eux, Ferdinand de Lesseps. Consul en Égypte en 1833, il noua des liens d'amitié avec le prince Saïd Ali Pacha et deviendra le grand inventeur du Canal de Suez.

L'Egypte comme la majorité du monde arabe fait alors encore partie de l'empire ottoman. Saïd Ali Pacha, très francophile, devenu souverain, contacte Ferdinand de Lesseps pour concrétiser le projet de percement de l'isthme de Suez. En 1854, la concession lui est confiée, et il fonde la Compagnie universelle du canal maritime de Suez. Les travaux sont lancés en 1859. Le canal sera inauguré en 1869. Pharaonique l'entreprise ? Technique, humaine à coup sûr, politique aussi avec l''oppositiontenace desBritanniques, stratégique enfin avec l'acharnement de l'Egypte à s'ouvrir vers la modernité tout en s'affranchissant de l'empire ottoman. Les débuts du creusement sont particulièrement durs et coûteux en vies humaines car effectués sous un soleil de plomb, à la main avec de simples pelles et pioches, par des fellahs soumis à la corvée ! Heureusement dès 1862, grâce à une invention toute récente, les dragueuses, au nombre de cinq pour commencer, remplacent avantageusement le travail des hommes. Les travaux avancent à pas de géants. On y ajoute la création de Port Saïd et d'Ismaïlia. C'est le triomphe du génie civil français outre la victoire de l'homme sur la nature, avec un tracé de 162 km de longueur… (Il a récemment été doublé sur 70 km). Il faut aller voir l'exposition que présente l'Institut du Monde Arabe, à Paris, (jusqu'au 5 aout 2018). Les cérémonies de l'inauguration y sont évoquées avec un grand réalisme. Ambiance second Empire avec, en musique de fond, les trompettes d'Aïda de Verdi, commentaire de Frédéric Mitterrand. De belles maquettes et des plans, des tableaux d'Edouard Riou, un portrait de l'impératrice Eugénie par Winterhalter ainsi que sa robe saharienne portée ce jour-là. Sont également présents l'empereur François-Joseph d'Autriche, le grand-duc Michel de Russie, le prince de Hanovre, le prince et la princesse des Pays-Bas, le grand vizir du Maroc, des savants, des artistes, des écrivains… et Ferdinand de Lesseps dont la statue colossale marquait l'embouchure méditerranéenne du canal (statue aujourd'hui disparue). Seuls manquent la reine Victoria et le représentant du sultanant ottoman, opposés tous les deux pour des raisons différentes à la jonction des eaux. Dans des vitrines on remonte au XIXe siècle avant notre ère à l'aide de stèles et bas-reliefs évoquant les projets datant de Sésostris III puis ceux de Datius ainsi que de Ptolémée II qui, chacun à leur tour, ont tenté de dégager les sables pour faire passer de simples barques ! Dire que le Canal de Suez a fait l'objet de nombreuses convoitises est un pléonasme, toujours est-il qu'en 1956, il a été nationalisé par Gamal Abdel Nasser, ce qui a entrainé des protestations de la part de la Grande Bretagne, de la France et d'Israël. Il n'en demeure pas moins un enjeu décisif, même s'il a perdu de son importance commerciale. Il reste pour l'Egypte une valeur stratégique et symbolique qui représente toujours 20 % de ses recettes publiques. L'exposition est un passage obligé avant d'aller sur place fêter les 150 ans du canal.

I. Aubert

Voyage associé

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du 10 au 17 nov. 2018
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